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Musique classique et opéra par Classissima

Frédéric Chopin

mardi 26 juillet 2016


Classiquenews.com - Articles

19 juillet

Les 400 ans de Johann Jacob Froberger à Musique et Mémoire

Classiquenews.com - Articles Haute-Saône, festival Musique et Mémoire. 20-24 juillet 2016. Les Cyclopes, acteurs du 2ème week end, ou Froberger en majesté… en 1 conférence et 6 concerts événements. Pour son 23ème cru, le festival Musique et Mémoire au Pays des Mille étangs en Haute-Saône, poursuit cette équation captivante de l’exploration baroque au cœur du territoire rural (en l’occurrence les Vôsges Saônoises). Pour les 400 ans du compositeur baroque, mort sur son territoire, le festival dirigé par Fabrice Creux célèbre en 8 programmes inédits, le génie de Johann Jacob Froberger (1616-1667), non sans raison : mort au château d’Héricourt (3 concerts ont lieu dans l’église d’Héricourt), Froberger fut une étoile musicale à l’échelle de l’Europe. Son élève et protectrice, la Princesse Sybille a témoigné de l’art de toucher le clavier d’un Froberger divin poète dont l’enjeu des programmes proposés par Musique et Mémoire en 2016, entend bien restituer la force, la subtilité, la finesse allusive : par son caractère suggestif et introspectif, Froberger fut le Chopin du XVIIè, établissant déjà ce rapport intimiste et presque secret entre l’interprète, son clavier, ses proches auditeurs… Qui fut réellement Froberger ? Quels sont les compositeurs dont il fut proche et dont il transmit l’art spécifique ? Le Festival Musique et Mémoire est le seul en France cet été à célébrer à juste titre le génie de Froberger et évoquer ses passionnantes affinités avec la musique française, le Stylus Fantasticus, Frescobaldi et Mathias Wackmann… Et pour servir ce nouveau cycle exceptionnel, en découvertes et révélations, Fabrice Creux invite un nouvel ensemble sur instruments d’époque, en résidence au Festival, Les Cyclopes. L’époque et l’oeuvre de Johan Jacob Froberger au Festival Musique et Mémoire : destination incontournable de l’été 2016 en Haute-Saône. 7 concerts événements dont 5 programmes en création… Musicien diplomate, mercredi 20 juillet 2016, 21h, Héricourt Suites de Danses en duo…, jeudi 21 juillet 2016, 21h, Melisey Froberger et son ami et protectrice Madame Sybille, vendredi 22 juillet 2016, 21h, Héricourt Froberger à Rome… samedi 23 juillet 2016, 15h, Héricourt Abendmusiken à Rome, samedi 23 juillet 2016 à 21h, Belfort Passer la mélancolie… dimanche 24 juillet 2016, 11h, Saint-Barthélémy 1653, Ratisbonne, dimanche 24 juillet 2016, 17h, Fresse Toutes les infos et les modalités de réservations : lire notre présentation complète du cycle Froberger par Les Cyclopes au Festival Musique et Mémoire, du 20 au 24 juillet 2016

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19 juillet

Les Cyclopes, acteurs du Festival Musique et Mémoire, acte II

Haute-Saône, festival Musique et Mémoire. 20-24 juillet 2016. Les Cyclopes, acteurs du 2ème week end, ou Froberger en majesté… en 1 conférence et 6 concerts événements. Pour son 23ème cru, le festival Musique et Mémoire au Pays des Mille étangs en Haute-Saône, poursuit cette équation captivante de l’exploration baroque au cœur du territoire rural (en l’occurrence les Vôsges Saônoises). Pour les 400 ans du compositeur baroque, mort sur son territoire, le festival dirigé par Fabrice Creux célèbre en 8 programmes inédits, le génie de Johann Jacob Froberger (1616-1667), non sans raison : mort au château d’Héricourt (3 concerts ont lieu dans l’église d’Héricourt), Froberger fut une étoile musicale à l’échelle de l’Europe. Son élève et protectrice, la Princesse Sybille a témoigné de l’art de toucher le clavier d’un Froberger divin poète dont l’enjeu des programmes proposés par Musique et Mémoire en 2016, entend bien restituer la force, la subtilité, la finesse allusive : par son caractère suggestif et introspectif, Froberger fut le Chopin du XVIIè, établissant déjà ce rapport intimiste et presque secret entre l’interprète, son clavier, ses proches auditeurs… Qui fut réellement Froberger ? Quels sont les compositeurs dont il fut proche et dont il transmit l’art spécifique ? Le Festival Musique et Mémoire est le seul en France cet été à célébrer à juste titre le génie de Froberger et évoquer ses passionnantes affinités avec la musique française, le Stylus Fantasticus, Frescobaldi et Mathias Wackmann… Et pour servir ce nouveau cycle exceptionnel, en découvertes et révélations, Fabrice Creux invite un nouvel ensemble sur instruments d’époque, en résidence au Festival, Les Cyclopes. 1 – La vie secrète de Froberger Musicien, diplomate ? La conférence du mercredi 20 juillet met l’accent sur l’itinérance d’un compositeur et interprète du clavier parmi les plus doués de son temps, dont l’activité musicale pourrait avoir été doublée de missions diplomatiques et politiques pour l’Empereur Ferdinand III (qui a financé tous ses déplacements à travers l’Europe). De fait, ses séjours parfois longs depuis Vienne, en France, en Angleterre, en terres germaniques et en Italie, lui apportent les composantes d’un riche substrat esthétique dont il réalise une puissante et originale synthèse. Bibiane La pointe (clavecin) et Thierry Maeder (orgue), directeurs artistiques de l’ensemble Les Cyclopes, associent leurs talents musiciens pour ressusciter la figure de Froberger, dans un lieu même que le compositeur aurait pu connaître et même investir lors de son séjour ultime à Héricourt… Héricourt, église luthérienne, à 21h, réservations conseillées : 03 84 49 33 46. (Illustration : Portrait de l’Empereur Ferdinand III, protecteur de Froberger). 2 – Froberger en tête-à-tête Le jeudi 21 juillet, le duo Coloquintes (violon / viole de gambe) joue plusieurs transcriptions et pièces inédites témoignant de la richesse d’inspiration de Froberger, toutes regroupées dans le manuscrit de la bibliothèque de Wolfenbüttel, le Ludwig Partiturbuch qui collecte les Suites de Danses pour violon et viole de gambe d’un Froberger irrésistiblement inventif et original. Réservations obligatoires. MELISEY, Chœur Roman, 21h. (Ci dessus, portrait de l’Empereur Ferdinand III, protecteur de Froberger dont il aurait été diplomate)… Les 5 autres programmes sont d’autant plus exceptionnels qu’ils sont tous des créations / commandes du festival. 3 – A l’honneur de Madame Sibylle Vendredi 22 juillet 2016 Héricourt, église luthérienne, 21h Hommage à une mécène et amie… Les cas d’estime sincère et partagé sont finalement assez rares dans l’histoire musicale. A l’instar de Louis XIV et son cher Lully, plus tard de Handel et de la Reine Caroline, Froberger sut cultiver une exceptionnelle relation avec la Princesse Sybille de Wurtemberg (1620-1707), sa cadette et non moins patronne et élève, qu’il rencontre d’abord à Stuttgart puis rejoint à la fin de sa vie en son château d’Héricourt à partir de 1664. La princesse est croyante, douée pour le clavier et certainement compositrice elle-même dans la proximité de Froberger, son mentor et maître. En hommage, le musicien appelait les Trois Grâces de Wurtemberg, Sybille et ses deux sœurs. Dans les secrets d’une compréhension complice, Froberger dédie à Sybille plusieurs pièces pour elle seule. Quand son “cher, fidèle et zélé professeur” meurt à Héricourt en 1667, d’apoplexie, la Princesse Sibylle endeuillée invite tous ses amis de Montbéliard pour célébrer la mémoire de son maître et ami, au cours d’une célébration fastueuse. Les Cyclopes évoquent la relation du musicien et de sa mécène dans un programme inédit, création et commande du festival Musique et Mémoire, comprenant des œuvres de Böddeceker, Monteverdi, Capricornus, et évidemment Froberger dont les instrumentistes jouent “l’Allemande faite à l’honneur de Madame Sybille Duchesse de Wurtemberg”. Réservation conseillée. Répétition publique ouverte à 17h. Concert à 21h. 4 – Froberger à Rome Samedi 23 juillet 2016 Héricourt, église luthérienne, 15h. Froberger réalise deux séjours à Rome : 1637-1641 puis 1645-1649. Converti au catholicisme, le musicien grâce au soutien de l’Empereur Ferdinand III, rejoint Rome pour apprendre l’art du génie local : Girolamo Frescobaldi (1583-1643), alors à la fin de sa vie. L’élève apprend vite : Froberger maîtrise très vite l’art de la Toccata, le contrepoint à la manière frescobaldienne. Après la mort de Frescobaldi, Froberger prend soin de contribuer à la diffusion de sa musique, modèle du genre. Pendant son second séjour romain, Froberger recueille l’enseignement du jésuite et professeur au Collegium Germanicum, Athanasius Kircher dont le recueil essentiel pour le premier baroque européen, Musurgia universalis (1650) fixe les caractères du stylus fantasticus, manifeste musical dont les préceptes théoriques ont certainement bénéficié aussi des suggestions et recherches de Froberger. En témoigne la Fantasia ut-ré-mi-fa-sol-la, seule oeuvre de Froberger présente dans de Kircher. Le maître de chapelle de Saint-Apollinare à Rome, Carissimi a certainement croisé la route de Froberger dont l’oeuvre recueille une influence manifeste. En témoignent les deux Motets, révélations centrales du programme proposé par Les Cyclopes : Apparuerunt apostolis, et Alleliua absorpta est mors, seules partition de Johann Jacob, non destinées au clavier. Réservation conseillée. 5 – Abendmusiken à Hambourg Samedi 23 juillet 2016 Belfort, Temple saint-Jean, 21h Froberger et Weckmann. Avant les Telemann et CPE Bach, champions hambourgeois du plein XVIIIè piliers de l’activité musicale locale, la ville hanséatique favorise l’inspiration des compositeurs, ainsi Matthias Weckmann (1616-1674), qui fonde à Hambourg le collegium Musicum : le compositeur rencontre son exact contemporain Froberger (ils sont nés tous deux en 1616) à Dresde alors qu’à l’hiver 1649, Froberger était envoyé par Ferdinand III pour remettre une lettre au Prince électeur Georges Ier de Saxe. Virtuoses de clavier, doué pour la composition comme l’improvisation, Weckmann et Froberger ne devait plus interrompre leur relation, dont une abondante correspondance témoigne. Les deux s’influencent mutuellement et se transmettent les ferments d’une puissante et originale synthèse entre contrepoint savant germanique, style français, stylus fantasticus où virtuosité et introspection trouvent un idéal équilibre. Au programme de ce concert alliant l’orgue et les instruments de l’orchestre baroque Les Cyclopes, Sonates de Weckmann et Ferro, Pièces pour le clavier de Weckmann et Froberger (extraits des manuscrits de la Singakademie et Hintze). Rservation conseillée. 6 – Passer la mélancolie Dimanche 24 juillet 2016 Saint-Barthélémy, Eglise, 11h Le concert évoque le séjour de Froberger en Angleterre (1652-1653) autour de la pièce emblématique au titre poétique : “Plainte faite à Londres pour passer la mélancolie”… Sonates et pièces pour le clavier de Locke, Froberger, Gibbons (organiste), Thomas Baltzar (violoniste)… tous musiciens et compositeurs reliés à Oxford, dont Froberger fut proche du milieu musical (en particulier de Mathiew Locke (1621-1677). Aux Anglais, Froberger transmet le goût des français et de Frescobaldi… Réservation conseillée. 7 – 1653, RATISBONNE Dimanche 24 juillet 2016 Fresse, église Sainte-Antide, 17h La Diète d’Empire à Ratisbonne... musiques dynastiques et impériale. Pour le remercier de son indéfectible appui et protection, Froberger dédie en 1656, un recueil de nouvelles partitions à l’Empereur Ferdinand III : y figurent des pièces inspirées directement à ses aventures en Europe, durant ses nombreux déplacements. Froberger voyage sur les chemins et en mer, en Angleterre, pays germaniques, Pays-Bas, France, durant trois années où il vit le pire comme le plus exaltant : en 1653, il rejoint Ratisbonne où la famille impériale est présente pour la Diète d’Empire. Tous les princes influents sont représentés, en grande pompe et en fastueuse représentations musicales. En témoigne le recueil de 114 partitions, édité pour l’occasion et qui regroupe alors les meilleures manières germaniques : le Partiturbuch Ludwig. Au cours de la Diète de Ratisbonne de 1643, Ferdinand III fait ratifier la nomination de son fils comme son successeur (futur Ferdinand IV, Roi des romains) et aussi le couronnement de sa 3ème épouse Eléonore de Gonzague, comme impératrice. Mais le fils désigné, futur Ferdinand IV devait mourir de la variole à 21 ans, en juillet 1654. Le recueil dédié à l’Empereur en 1656 (Libro Quarto) évoque très précisément et de façon codifié, chacun des avatars et des péripéties de la famille impériale dont était proche Froberger. Pour évoquer l’écriture virtuose de Froberger et le goût musical impérial, Les cyclopes jouent les Pièces pour le clavier de Froberger (Libro Quarto, 1656) et plusieurs Sonates de Bertali, Valentini, Schmelzer, toutes déposées dans le fameux Partiturbuch Ludwig de 1653. Réservation conseillée. AGENDA 2ème week end du Festival Musique et Mémoire 2016 — les 20, 21, 22, 23 et 24 juillet 2016 Les Cyclopes 1 conférence – 6 programmes inédits 1- Mercredi 20 juillet 2016, Héricourt, église luthérienne, 21h Conférence : la vie secrète de Froberger 2- Jeudi 21 juillet 2016 Melisey, choeur roman, 21h Froberger en tête à tête Duo Coloquintes, Aparté 3- Vendredi 22 juillet 2016 Héricourt, église luthérienne A l’honneur de madame Sibylle 4- Samedi 23 juillet 2016 Héricourt, église luthérienne, 15h Froberger à Rome : Frescobaldi et Kircher 5- Samedi 23 juillet 2016 Belfort, Temple Saint-Jean, 21h Abendmusiken à Hambourg 6- Dimanche 24 juillet 2016 Saint-Barthélémy, église, 11h Plainte faite à Londres pour passer la mélancolie 7- Dimanche 24 juillet 2016 Fresse, église Sainte-Antide, 17h La Diète d’Empire INFOS, RESERVATIONS sur le site du Festival Musique et Mémoire BACH à Musique et Mémoire. Dernier week end : les 29, 30 et 31 juillet 2016, est dédié à Jean-Sébastien Bach. L’ensemble Alia Mens réalise ainsi 4 concerts événements dont le dernier à Lure (Création / commande du Festival, Eglise saint-Martin, 21h), permet d’écouter le Concerto Brandebourgeois IV, BWV 1049 et VI BWV 1051, le concerto pour violon et cordes BWV 1042, In dulci jubilo, Wir danken dir, Herr Jesu Christ… Un nouvel ensemble défenseur de JS Bach confirmera-t-il ainsi pour Musique et Mémoire ses affinités musicales ? Réponses les 29, 30 et 31 juillet prochains.




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15 juillet

Adam Laloum à Bagatelle

Ph. Carole Bellaiche / © Mirare On ne peut pas dire adieu à une saison musicale lourde, et où il y a eu de l’étincelant, sans la plus belle note d’espoir, qui est venue en tout dernier. Adam Laloum clôturait le 14 juillet en matinée (17 heures, une lumière divine et douce de derrière les stores, de la fraîcheur, du demi-jour dans la salle) la courte mais superbe saison que la Société Chopin offrait à l’Orangerie de Bagatelle. Laloum n’a pas trente ans. On l’avait déjà entendu deux fois cette année, à quatre mains avec son complice David Kaddouch dans Schubert et Stravinsky, tout seul au TCE le dimanche matin avec la 21e de Schubert et les Davidsbündlertänze de Schumann. Le programme qu’il offrait aurait découragé plus d’un senior chevronné, par sa longueur, son poids de musique aussi, où la moindre note jouée requiert l’attention absolue du public (et la concentration absolue de l’exécutant). Les Moments Musicaux d’abord, dans une ampleur et, pourrait-on dire, une lourdeur (délibérée) de mouvement qui gomme toutes grâces esquissables, et ne garde que le sérieux, la gravité, toujours si présente derrière l’apparent sourire de Schubert. On pensait à Serkin sortant juste de ses Impromptus (rien que des Impromptus), encore pénétré de ce qu’il venait de donner (et de porter en lui, de délivrer), murmurant : « It’s such a tragic music… ». De nouveau Davidsbündlertänze ensuite, mais avec l’autorité, la plénitude d’accent, la plénitude de son aussi, que n’apportait pas l’essai plus timide (ou dirons-nous : intimidé ; presque effarouché) du même pianiste ce printemps dernier. Une autorité, un sentiment de sa propre légitimité, à l’évidence, est née en Laloum, encore si jeune ; il gardera la même réserve (et presque distance d’effacement) qui lui est naturelle ; l’homme, sa sensibilité, certes ne s’affichent pas et restent en retrait ; mais l’interprète, désormais, s’affirme. Il joue comme quelqu’un qui ne laisse pas à l’auditeur (ni d’ailleurs à lui-même) le choix dont ce qu’il va faire ne se discute pas. Le retrait et l’effacement donc ; mais aussi, souveraine, la décision. Les différentes humeurs des Danses s’exposent et s’enchaînent, découlent l’une de l’autre, dans une évidence nouvelle qui est celle du son, qui reste posé une fois pour toutes, avec une assurance de soi, une noblesse (qui est aussi un ton) et, d’abord, une beauté, cette chose devenue si rare, l’évidence d’un pianiste qui met toute sa substance d’art dans le son, sans en faire chose esthète, mais vérité vivante, qui porte son estampille, et nous livre son plus vrai visage. À pas encore trente ans, et s’agissant d’une œuvre si déroutante (et d’abord déroutée, déconcertée), un tel son fait preuve. Un grand pianiste nous est né. Et un qui met sa loyauté (et, à l’évidence, son bonheur) à ne jouer, à ne nous donner, que l’essentiel. Le poids propre de chacune des œuvres présentes à son programme ferait peur (ou peut être honte) à plus d’un de ces jeunes méphistos du piano qui flashent dans du superbe (et le font supérieurement) mais reculeraient devant le phrasé et le voulu, le lié, le continu, le soutenu. Adam Laloum (14 juillet 2016, Orangerie de Bagatelle) Chopin ensuite et cette Fantaisie où sont toutes les turbulences, les déconcertations aussi. Et la Sonate en si mineur suivra. Deux œuvres, au fait, que des pianistes qui ne jouent que Chopin (cela existe encore) ne mettent pas souvent à leur programme. A-t-on entendu l’impossible Allegro maestoso inaugural de la si mineur démontré, débrouillé avec tant de suivi, tant de clarté ? Et dans son Largo se souvient-on d’avoir entendu le son se faire musique dans pareilles lumière et transparence chantantes, sans qu’un effet y soit mis ? Toute simple bénédiction, partagée par l’auditoire médusé. C’est par un tact supérieur qu’en bis Laloum a donné aussitôt le Scherzo de la 21e de Schubert, dans sa fantaisie maîtrisée et avec son sourire en coin, un sourire dansottant. Que c’est bien ! Comblé de musique, et de la joie du partage, on s’en va en vacances, se disant qu’on en a pris plein le cœur, et plein l’espérance ! Orangerie de Bagatelle, le 14 juillet 2016

La lettre du musicien (Comptes rendus)

15 juillet

Adam Laloum en clôture du 33e festival Chopin à Paris

Pour son concert final à l’Orangerie du parc de Bagatelle, le festival avait choisi le pianiste français, premier prix Clara-Haskil 2009, dont le vaste programme était tissé de correspondances : Schubert, Schumann, Chopin.D’emblée, ce piano-là est solaire, charnu, riche de couleurs et de timbres. Fin musicien, remarquable d’intelligence et de style, Adam Laloum respire et chante, attentif à la conduite des lignes, aux progressions harmoniques (aidé en cela par des mains réellement indépendantes), sans crainte surtout des silences, en eux-mêmes éloquents. Les Moments musicaux D.780 sont fondus comme il sied dans l’unité de leur cycle. Do majeur moderato, sans excès de pédale, aux sforzandi vigoureux, Andantino méditatif chaloupé comme une barcarolle, à l’épisode central bien dialogué dans le ton lointain, singulier de fa dièse. Le célébrissime morceau en fa mineur, miniature délicieuse, est pris au rare et si fragile tempo giusto : phrasés exacts, pulsation ad hoc. Nous avouons préférer l’ut dièse mineur lorsqu’il tire davantage vers le texte qu’indique Liszt dans l’édition de J. G. Cotta : accompagnement staccato, certes, mais dessin mélodique plus marqué à la dextre dont les dernières doubles, pour ainsi dire, sont muées en noires. On cherche ici le murmure plutôt que l’articulation (encore que la section toute viennoise, en ré bémol, ait été bien battue). Le tout s’achève sur les foucades du fa mineur et la confession du la bémol majeur, mélancolique à souhait. Elégant, Laloum, plus Eusébius que Florestan, impose alors une vision très aboutie des Davidsbündlertänze, potentiellement le plus verbeux des recueils de Schumann, pour peu qu’il soit mal compris. Les esprits chagrins ne lui reprocheront qu’un excès de carrure, un manque de frivolité, de fantasque, de caractère : une compréhension plus directement littérale des didascalies allemandes n’aurait pas nui à la rigueur architecturale de l’ouvrage, dont il réalise l’unité organique avec brio. La seconde partie débute par la Fantaisie en fa mineur de Chopin, puissante et large dans sa marche, émaillée de menus accrocs (dentelle de croches), creusée dans les profondeurs du clavier, musicale. La Sonate en si mineur est racée, tenue d’un bloc : humble et d’un goût jamais en défaut (dons admirables !), le jeune virtuose pourrait oser plus de lyrisme encore dans le poignant Largo, plus d’orchestre, de violence brute dans le finale qui se densifie peu à peu – argutie de critique. Acclamé, Laloum met un superbe point final à l’édition 2016 : en offrant en bis, à la Rudolf Serkin, le Scherzo de l’ultime Sonate de Schubert : un si bémol frais, vif, spirituel et joliment touché. (14 juillet) Festival Chopin à Paris 2016 Lire également nos comptes rendus des récitals de François Dumont et Pascal Amoyel .



La lettre du musicien (Comptes rendus)

14 juillet

Le 33e Festival Chopin à Paris accueille Pascal Amoyel

A l’Orangerie du parc de Bagatelle, le pianiste français offrait un programme Chopin-Liszt que n’aurait pas désavoué son maître György Cziffra et qui faisait la part belle aux Polonaises.Daté de Weimar (18 mai 1881), offert « avec son plus amical souvenir » à son élève et secrétaire Arthur Friedheim, le Wiegenlied pour piano est une pièce étrange et douce que Liszt réemploie dans son ultime poème symphonique, Du berceau à la tombe. Avec une sérénité admirable, sinon une forme de détachement paradoxal résultant de sa concentration, Pascal Amoyel improvise bien davantage qu’il n’en restitue la mélodie pénétrante : aigus lumineux, toucher délicat, una corda, dolce et sempre legato – le tout pris lentement quoique toujours Andante. S’ouvre alors un cycle de cinq Polonaises inauguré par le dessin chromatique descendant de l’opus 26 n° 1, que le pianiste aborde sans fausse passion ni lyrisme outrancier (meno mosso con anima). Inquiète, sa jumelle en mi bémol mineur fait état de la même pudeur et d’un souci de style similaire : maestoso, ritenuto marqués. La robustesse paysanne ou, pour le coup, militaire que demandent ces accords pleins, ces rythmes marqués de la botte ou du sabot n’éclate véritablement que dans la pièce suivante, quand la Polonaise op. 40 n° 2 est émaillée de basses caverneuses, rayonnantes, jamais détimbrées. Ces ressources exceptionnelles de constraste et de puissance culminent dans la Polonaise en fa dièse mineur, aux motifs obsédés, où le pianiste se livre sans retenue quitte à disloquer quelques cellules ou à réexposer plus rapidement qu’au tempo primo, après la mazurka centrale, sous l’effet d’un engagement considérable. Mais la scène autorise, appelle le risque, et le public approuve. Miroir de la première, la seconde partie débute avec ce nocturne tardif et profond de Liszt, noté En rêve (1885), à l’atmosphère éthérée, dont les harmonies sont irrésolues. En la bémol, Au bord d’une source lui eût fourni un complément de choix : Amoyel lui préfère la sombre légende mystique de Saint François de Paule, aux flots rugissants, aux doubles-octaves extraordinaires : ossia pour le texte et Lento traité librement à la manière d’une cadence. Le programme officiel s’achevait sur la Grande Polonaise héroïque en la bémol majeur. En bis, La Cathédrale engloutie de Debussy (Préludes I, 10), justement servie par des nappes et des plans, des abîmes formidables ouverts dans le registre grave, que l’artiste a le bon goût de laisser mourir sur sa dernière note en maîtrisant les résonances. Rappelé avec effusion, Pascal Amoyel offre le Nocturne opus posthume en do dièse mineur de Chopin. (13 juillet) Festival Chopin à Paris 2016 Lire aussi nos comptes-rendus des récitals de François Dumont et Adam Laloum.

Frédéric Chopin
(1810 – 1849)

Frédéric François Chopin est un compositeur et pianiste virtuose. Il est né le 1er mars 1810 à ?elazowa Wola (Duché de Varsovie), actuelle Pologne. Chopin meurt à Paris le 17 octobre 1849. Après sa formation, au Conservatoire de Varsovie, affilié à l'université de Varsovie, et un début de carrière en Pologne et à Vienne, il choisit d'émigrer en France où il trouve son inspiration dans l'effervescence du monde pianistique parisien et dans le souvenir de sa patrie meurtrie. Il y rencontre George Sand, qui sera sa compagne pendant neuf ans. Reconnu comme l'un des plus grands compositeurs de musique de la période romantique, Frédéric Chopin est aussi l'un des plus célèbres pianistes du xixe siècle. Sa musique est encore aujourd'hui l'une des plus jouées et demeure un passage indispensable à la compréhension du répertoire pianistique universel. Avec Franz Liszt, il est le père de la technique moderne de son instrument et son influence est à l'origine de toute une lignée de compositeurs tels Gabriel Fauré, Maurice Ravel, Claude Debussy, Sergueï Rachmaninov, Alexandre Scriabine.



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