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Musique classique et opéra par Classissima

Frédéric Chopin

jeudi 25 août 2016


Classiquenews.com - Articles

18 août

CD, compte rendu. Emil Gilels : récital de Seattle 1964 (1 cd Deutsche Grammophon)

Classiquenews.com - Articles CD, compte rendu. Emil Gilels : récital de Seattle 1964 (1 cd Deutsche Grammophon). Les crépitements nerveux, d’un feu énergique puissamment assumé, voire parfois vindicatif (ampleur orchestrale du jeu) affirme l’engagement de l’artiste chez Beethoven (Sonate n°21, énoncée avec une fougue électrique, d’une force diabolique). Son Chopin, plus emprunt de grâce et de vocalità (Variations sur Là ci darem la mano) ouvre d’autres champs plus intérieurs et presque oniriques, d’une ivresse absente chez le premier Beethoven. Quoique très vite, le pianiste plus déchainé qu’enivré, fait couler des torrents d’énergie dramatique là aussi impressionnante. Le pianiste de 48 ans (qui mourra en 1985), est au sommet de sa mûre expérience comme soliste et récitaliste. Le récital américain que réédite Deutsche Grammophon (pour le centenaire Gilels 2016 : il est né en octobre 1916) rend idéalement compte de son immense tempérament, carrure de lion et conteur irrésistible… alliant caresse et passion rageuse. C’est un monstre-interprète, virtuose des épisodes contrastés, d’une urgence enivrée quasi vertigineuse à suivre (le développement du motif mozartien chez Chopin, dont l’interprète au clavier fait une nuit fantastique, course effrénée et visions haletantes…). Le presque quasi contemporain de Richter (né un an avant Gilels en 1915, – et comme lui immense musicien), impose ici une impétuosité électrique incandescente dont la braise semble véritablement enflammer le clavier (urgence parfois panique de la Sonate n°3 opus 28 de Prokofiev). Le talent rude, au physique de bucheron, découvert alors par Arthur Rubinstein, se montre d’une éloquence véritablement hypnotique dans les 3 séquences de Debussy (Images I : Reflets, enchanteurs ; hommage à Rameau, énigmatique et « satien »). Miroirs de Ravel (Alborada del gracioso) envoûte par le même feu liquide très subtilement énoncé, d’une ciselure nerveuse aux scintillements et arrières plans dignes d’un orchestre (phénoménale architecture). Malgré la prise de son pas toujours très propre (2ème mouvement du Beethoven), l’acuité, l’assise, le feu poétique, la terrifiante agilité du pianiste s’impose à nous, plus de 50 ans après la réalisation du concert de Seattle. Certainement un témoignage majeur de la fièvre musicale du pianiste russe (né à Odessa, actuelle Ukraine, en 1916). On reste médusé par la nature des critiques américains et germaniques lui reprochant le côté provincial et maniéré de son jeu à la russe… même inexacte et maladroite la réserve finit par atteindre l’immense pianiste. Il ne faut qu’écouter la vie, l’appel à l’ivresse de la danse russe de Petrouchka pour mesurer la spontanéité miraculeuse du jeu de Gilels. Un géant assurément du piano au XXème. Réédition légitime. Pour son centenaire, Deutsche Grammophon devait bien souligner l’originalité puissante d’un interprète à bien des égards fascinant. Cet inédit rend hommage à son très grand talent. A écouter absolument. Simultanément à DG, Sony classical célèbre aussi le talent impressionnant de Gilels, en rééditant l’intégrale des enregistrements RCA et Columbia. Compte rendu critique à venir sur classiquenews.com . CD, compte rendu. Emil Gilels, piano : récital de Seattle 1964 : Beethoven, Chopin, Debussy, Prokofiev (1 cd Deutsche Grammophon) — Parution le 19 août 2016.

La lettre du musicien (Comptes rendus)

23 août

Au Touquet, le piano fait des folies

Sur la Côte d’opale, Le Touquet-Paris-Plage accueille chaque année depuis huit ans un festival où le piano est roi, Les Pianos Folies. De l’édition 2016, foisonnante et jubilatoire, on retiendra nombre de moments forts.Remplaçant le pianiste chinois Muye Wu, la Bulgare Plamena Mangova a donné du Concerto de Grieg une leçon éblouissante de virtuosité habitée, culminant dans la cadence du premier mouvement, où elle fit admirer la diversité et la richesse de sa palette sonore. Dauphine d’Anna Vinnitskaia au concours Reine-Elisabeth 2007, sa sensibilité à fleur de peau émeut davantage que la sensualité débridée de son ancienne rivale, en symbiose parfaite avec le Chopin des Préludes, mais manquant de la simplicité nécessaire pour traduire l’univers des Scènes d’enfants de Schumann. Deuxième prix en 2013 du même concours, Rémi Geniet confirme sa jeune maturité et son affinité avec le Beethoven – des Sonates n°2 et 14 – tout en révolte contenu, préfigurant les audaces instrumentales du Prokofiev de la Huitième Sonate. Du “Chopin espagnol”, Granados, Guillaume Coppola restitue toute la poésie solaire et aristocratique par trois de ses Danses espagnoles et le virtuose Allegro de concert. Boris Berezovsky domestique son trop-plein d’énergie, déployé pour les Etudes d’exécution transcendante de Liszt, pour donner vie à l’animation colorée des Trois Mouvements de Petrouchka. Transcriptions toujours avec le duo Jatekok, Naïri Badal et Adélaïde Panaget, qui nous a proposé une mise à nu révélatrice des innovations harmoniques du Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy comme de la révolution rythmique du Sacre du printemps de Stravinsky. Dans l’esprit de rigueur de leur parrain spirituel, György Kurtag. David Kadouch évoque, avec une science consommée de la dynamique et de la couleur, les terreurs cachées dans les Waldszenen de Schumann avant l’implacable montée vers l’horreur du Gaspard de la nuit ravélien. Plus introspective peut-être, la version des mêmes Scènes de la forêt par Claire Désert, complétée par les Papillons et deux mélodies, Widmung et Frühlingsnacht, – miracles de transcriptions de Liszt –, brosse un portrait sans pathos des états d’âme schumanniens. On saluera enfin la production par la compagnie Opéra Côté chœur d’une Traviata de Verdi, dans une mise en scène intimiste de Bernard Jourdain, interprétée par de jeunes professionnels, issus pour la plupart de nos conservatoires supérieurs, à l’instar du chef d’orchestre Frédéric Rouillon et de la Violetta bouleversante de Dorothée Lorthiois. (13 au 21 août)




La lettre du musicien (Comptes rendus)

22 août

Piano virtuose à Dinard

La 27e édition du Festival de Dinard, qui s’est déroulée du 7 au 20 août, a pris fin avec un récital du pianiste Cyprien Katsaris. Liszt, mais aussi Haydn, Schubert et Chopin étaient à l’honneur sous doigts du pianistes d’origine chypriote.Après une période de turbulences, voici deux ans, dues à certaines tensions politiques locales, le Festival international de musique classique de Dinard, a été brillamment repris en main dès 2015 par le pianiste égyptien Ramzi Yassa qui a organisé une programmation très diversifiée, avec de prestigieuses têtes d’affiches comme Ramzi Yassa lui-même, Peter Donohoe, le chœur Tenebrae de Londres, le quintette de la Philharmonie de Berlin ou Cyprien Katsaris, de jeunes artistes confirmés comme la violoncelliste Camille Thomas, en duo avec David Bismuth, des classes de maître avec le grand pédagogue munichois Wolfran Schmitt-Leonardy qui “coachait” quatre jeunes pianistes de très haut niveau. A cela s’ajoutaient des concerts-lecture et des concerts pour les enfants. Le pianiste Cyprien Katsaris clôturait donc le festival avec un de ces programmes hors norme dont il a le secret et dont on chercherait assez vainement l’équivalent chez ses confrères. Improvisation sur des thèmes divers, transcriptions (ébouriffante Chevauchée des Walkyries, air tiré de Don Sanche, l’unique opéra de Liszt, et le Deuxième Concerto de Liszt, réduit – si l’on ose dire – pour piano seul par l’interprète). Avec cela quelques pages classiques (Sonate n°35 de Haydn, Klavierstück n°2 de Schubert, Berceuse et Fantaisie-Impromptu de Chopin, Csardas obstinée de Liszt). Katsaris est un pianiste absolu, aussi à l’aise chez Haydn qu’il interprète avec un humour léger et d’exquises couleurs, que dans les pages visionnaires du romantisme qu’il domine avec aisance, clarté, sans lourdeur et même avec une facilité aimable qui subjugue le public, car l’on n’a pas toujours l’occasion d’entendre et de voir un pianiste se jouer sans effort de tels monuments de virtuosité transcendante. En bis, modestement mais avec profondeur, un simple mouvement de concerto de Marcello transcrit par Bach, musique du silence après les cataclysmes lisztiens. (20 août)



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18 août

Anniversaire. Centenaire d’Emil Gilels 1916 – 2016

Anniversaire. Centenaire d’Emil Gilels 1916 – 2016. Emil Gilels, piano. Centenaire 2016. Né à Odessa (actuelle Ukraine, à l’époque en Union soviétique) en octobre 1916, décédé à Moscou en 1985, Emil Gilels est l’enfant d’une famille de musiciens et présente très tôt des dispositions fabuleuses pour le piano, concevant des programmes ambitieux (dès 12 ans) comprenant Beethoven, Chopin, Schumann. En 1930, il rejoint le Conservatoire d’Odessa et suit les leçons de Berta Reingbald. Après avoir obtenu à 16 ans, le premier prix du Concours pour piano de l’Union Soviétique (1933), le jeune Gilels rejoint Moscou en 1935 (18 ans) où il rejoint la classe du célèbre Heinrich Neuhaus. Il y reste jusqu’en 1937. A 21 ans, Gilels capable d’une technique foudroyante, gagne le Concours Ysaÿe à Bruxelles, devant Arturo Benetto Michelangeli. LE PIANISTE DE STALINE… Né en Union Soviétique, Gilels fut le premier russe à pouvoir voyager librement à l’Ouest, malgré la guerre froide. Impétueux, tempérament puissant, Gilels est très vite instrumentalisé par le régime de Staline, devenant l’emblème d’une excellence pianistique russe, en particulier après qu’il soit valorisé par une série de distinctions remises par le régime officiel : Prix Staline (1946), Ordre de Lénine (1961 et 1966), Prix Lénine (1962) : Staline en fait alors un artiste politique, diffusant le prestige du régime soviétique hors du territoire soviétique. Ses tournées occidentales sont suivies par les médias et un public de plus en plus nombreux : à 31 ans, Gilels peut ainsi jouer en Europe, puis fait ses débuts en 1955 (39 ans) aux USA, jouant le Concerto de Tchaikovski à Philadelphie. Nommé professeur de piano au Conservatoire de Moscou en 1952, Gilels réduit à la fin de carrière ses engagements à l’étranger, préférant jouer en Russie. Le centenaire Gilels 2016 (il est né le 19 octobre 1916) est l’occasion de célébrer le talent d’un interprète au jeu puissant, contrasté, capable aussi de nuances énigmatiques. Son répertoire de prédilection se concentre sur les romantiques germaniques : Beethoven, Liszt, Brahms, Schumann, comme ses explorations des Baroques tels JS Bach et Scarlatti ont marqué l’interprétation au piano de pièces originalement écrites pour le clavecin. Bartok, Debussy sont aussi parmi les compositeurs les plus récents qu’il a joué. Profil léonin, artiste peu communiquant, Gilels n’eut jamais la séduction que sut entretenir dans la catégorie du virtuose « maudit », un Richter par exemple. Or la réécoute attentive de son legs musical dévoile aujourd’hui, un interprète majeur, alliant technicité prodigieuse permettant des accélérations foudroyantes, et nuances fabuleusement articulées… soit le mariage miraculeux de la force et du velours. CD. Pour célébrer son centenaire en octobre prochain, Deutsche Grammophon réédite son fameux récital à Seattle en 1964 ; et Sony classical réédite les enregistrements complets RCA et Columbia du maître russe du clavier, celui qui avec son compatriote Sviatoslav Richter, demeure l’un des plus intéressants interprètes au XXème siècle. Comptes rendus critiques à venir sur classiquenews. VISITER le site officiel de la Fondation Emil Gilels , qui perpétue l’héritage du pianiste né à Odessa en 1916.

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11 août

CD, compte rendu critique. « A journey »… Pretty Yende, soprano. Bel canto et opéras romantiques français : Rossini, Bellini, Donizetti, Gounod, Delibes… (1cd Sony classical)

CD, compte rendu critique. « A journey »… Pretty Yende, soprano. Bel canto et opéras romantiques français : Rossini, Bellini, Donizetti, Gounod, Delibes… (1cd Sony classical) – Jeune souveraine du beau chant… Coloratoure exceptionnellement douée, la jeune soprano sud africaine Pretty Yende, fut révélée avant tout dès 2010, lors du premier Concours international de Bel Canto Vincenzo Bellini, seule compétition (française) dédiée aux spécifiés du chant bellinien (c’est à dire préverdien); son chant sûr et raffiné s’affirme ici au sommet de sa jeune carrière, telle une nouvelle Jessye Norman, alliant la grâce, le style, une technicité brillante et naturelle … au service des compositeurs lyriques d’avant Verdi : Rossini et son élégance virtuose ; Bellini et ses langueurs suaves d’une ineffable tendresse ; Donizetti, touche à touche géniale autant dans la veine dramatique et tragique que comique et bouffone… Soit de l’expressivité mordante et une noblesse naturelle doublée d’une technicité acrobatique avérée… autant de qualités qui lors du premier Concours précité, avait particulièrement marqué les esprits du Jury et du public. Vraie coloratoure, douée d’une flexibilité saisissante, aux côtés de la beauté d’un timbre qui demain, chantera Bellini évidemment (Lucia à l’Opéra Bastille en 2016), surtout Mozart, la jeune diva affirme sans détours, une étonnante maturité, une plasticité riche et nuancée malgré son jeune âge. L’agilité des vocalises, la justesse de l’intonation, à la fois séduisante et brillante illumine l’intelligence juvénile de sa Rosina (Una voce poco fa) : tout l’art de la jeune diva se déploie ici : assurée, palpitante, d’un cristal inouï tant le brio pyrotechnique de ses vocalises reste remarquable de précision et de musicalité. En elle, rayonne une coloratoure virtuose, élégante, noble, d’une grande finesse de style et d’une juvénilité expressive illimitées. En Français, sa Lakmé déroule une suavité à la fois opulente et enchantée, dans le duo des fleurs de Lamé (avec Kate Aldrich, à l’émission bien basse et comme voilée… de surcroît sur un tempo trop lent à notre goût). Si la tenue de Pretty Yende demeure sans faille, il n’en va pas de même avec ses partenaires… 2ème chanteuse ici et chef. La baguette lourde, trop détaillée, finit par enliser, malheureusement le duo qui en conséquence, n’est pas le meilleur titre du récital. Les récentes lectures sur instruments d’époque ont dévoilé une autre sonorité, pour les opéras romantiques français. BELLINIENNE ENCHANTERESSE… Ecartons ces infimes réserves qui d’ailleurs ne concernent pas la jeune diva méritante mais plutôt ses partenaires. Car l’évidence vient après ces Rossini et Delibes du début : le plat de résistance reste le premier air Bellinien : Béatrice di Tenda, « Respiro io qui … puis Ah, la pena in lor Piombo » ; l’expérience bellinienne spécifique de Pretty Yende se distingue nettement dans cette séquence vocalement convaincante – dommage là encore que la direction de Marco Armiliato en fait des tonnes, à contrecourant de la finesse élégantissime requise (que réalise sans faute la soprano pour sa part). Tendresse initiale du récitatif, – à l’évocation de la fleur flétrie, condamnée ; Pretty Yende exprime avec une subtilité irrésistible la noblesse d’une âme sacrifiée. Puis à l’énoncé de l’air proprement dit (par le cor et les flûtes), la suavité enchantée du timbre impose définitivement la cantatrice belcantiste. C’est une femme qui dévoile une conscience nouvelle, celle qui lui fait mesurer son aveuglement précédent, une princesse d’une subtilité impressionnante que son repentir rend davantage admirable sur le plan moral: les vocalises et le legato sont parfaits de précision, d’intensité, et dans une vision globale, relèvent d’une intelligence musicienne capable de construire l’air en une vision architecturée idéalement énoncée. Pretty Yende nuance son expressivité sans jamais sacrifier l’élégance du chant, la noblesse de l’intonation, affirmant des variations d’une justesse déchirante (avec le choeur affligé, compassionnel). La cabalette de la souveraine fraternelle impose le même souci esthétique et un sens du texte qui se déroule comme une caresse, capable de vocalises qui égalent indiscutablement celles de l’impératrice actuelle du genre, Edita Gruberova (souhaitons la même intelligence et la même longévité à sa jeune héritière Pretty Yende). Ambassadrice de charme et d’un style raffiné chez Rossini, Bellini, Donizetti… Pretty Yende : nouvelle et sublime diva belcantiste L’idéal esthétique, élégantissime, d’une tendresse souriante, toujours raffinée, portant le Rossini du Comte Ory, se déploie pareillement et en français dans la grande scène suivante : « En proie à la tristesse… » : « La Yende » maîtrise le texte, reste intelligible, douée de nuances et de couleurs d’une suavité là encore irrésistible. Sa Comtesse s’alanguit, semble sculpter son superbe miel vocal sans limites, assénant des aigus supersoniques d’une clarté, intensité, couleur remarquablement sûres (remerciement à l’ermite : « Céleste providence », puis cabalette qui suit : « Cher Isolier… »). Plus sombre, la couleur de la Juliette de Gounod, confirme les affinités de la diva avec le romantisme français : « Dieu quel frisson court dans les veines… » ; l’amoureuse pure et la mort, s’affirment ici dans un tableau terrible, pathétique, héroique, d’essence fantastique aussi dont la froide volonté impose une morbide détermination (évocation du poignard), auquel le lyrisme éperdu de « verse toi-même ce breuvage » convoque immédiatement l’intensité de l’actrice tragique et tendre. Là encore on regrette la lourdeur de la baguette, mais la finesse de la chanteuse éblouit totalement. La versatilité expressive et dans chaque séquence émotionnelle, le style et l’intelligibilité de l’interprète imposent une exceptionnelle flexibilité dramatique. Rôle qu’elle connaît parfaitement à présent pour l’avoir chanté au Concours Bellini dès 2010, sa Lucia saisit par la même maturité, une intelligence dramatique exquise, son incandescente juvénilité. alors que ses consoeurs attendent l’âge mûr pour triompher des vocalises entre autres, Pretty Yende éblouit par la jeunesse de son chant. Longuement présenté à la harpe, « Ancor non giunse!… » est plainte éthérée d’une tristesse infinie (du caractère qui marqua tant Chopin), ensuite l’énoncé de « Regnava tel silenzio » affirme la profondeur de la diva, puis enfin sa prière irrépressible, creuse sa joie infinie : la palette des nuances et des couleurs éblouit par son intensité, la carrure irréprochable des vocalises démontre une maîtrise coloratoure époustouflante… La dernière plage confirme les dispositions belcantistes, précisément belliniennes de la jeune diva : d’un caractère immédiatement enivré et enchanté, ciselant une Elvira (I Puritani, un rôle que Pretty Yende avait déjà présenté lors du Concours Bellini 2010), d’une surprenante intensité, la soprano éblouit par sa facilité acrobatique, la flexibilité des vocalises, la justesse des notes tenues couvertes, et dans l’ensemble de l’architecture dramatique, une intensité continue jamais mise à mal, jamais déplacée, jamais forcée, toujours sincère et d’une finesse absolue. En plus de sa vocalisation habitée, Pretty Yende affirme une intelligence et une vérité expressive indiscutables. « Qui la voce sua soave… » exprime le rêve, la fragilité, l’hypersensibilité d’une âme prête à s‘évanouir à force d’épreuves surmontés, de traumatismes vécus. L’autorité vocale, l’élégance et la finesse du chant effacent toute réserve : Pretty Yende impose un talent d’actrice tragique irrésistible dans la grande scène de la folie : la dernière séquence après 11mn d’effusion coloriste, tragique, de candeur hébétée, affirme une ardeur échevelée : « Vien diletto è in ciel la luna! / Viens mon bien aimé la lune est dans le ciel »… , celle d’une femme sacrifiée, devenue folle… la vocalité rayonnante, réalisant toutes les variations possibles, de Pretty Yende impose une exceptionnelle intelligence virtuose, le chant exprimant le paroxysme émotionnel qui emporte la jeune femme mariée contre son gré et rendue criminelle. Stupenda. Aucun doute, le Concours Bellini 2010 avait bien raison de couronner le génie belcantiste de la jeune diva… que toutes les scènes du monde s’arrachent non sans raison à présent. C’est pourquoi malgré l’entourage musical parfois décevant (chef, orchestre et chanteurs n’ont certes pas la finesse musicale de la diva), ce premier disque est davantage qu’une carte de visite : c’est bien la confirmation qu’un immense talent bel centriste est maintenant prêt à éblouir le monde lyrique. Anne peut que s’incliner devant une telle perfection vocale. Bravissimo Pretty. CD événement, compte rendu critique. PRETTY YENDE, soprano. A Journey : airs de Rossini (Le Barbier de Séville, Le Comte Ory) ; Bellini (Béatrice de Tende / Beatrice di Tenda, I Puritani), Donizetti (Lucia di Lammermoor), Delibes, Gounod. Orchestra sinfonica nazionale della RAI. Marco Armiliato, direction (1 cd SONY classical). Enregistrement réalisé à Turin (Italie) en août et septembre 2015. CLIC de CLASSIQUENEWS.COM (rentrée 2016). AGENDA : Pretty Yende après avoir chanté Rosina du Barbier de Séville à l’Opéra Bastille à Paris, revient du 14 octobre au 16 novembre 2016, dans le rôle de Lucia, Lucia di Lammermoor. VISITER le site de l’Opéra national de Paris, page dédiée à Lucia di Lammermoor avec Pretty Yende

Frédéric Chopin
(1810 – 1849)

Frédéric François Chopin est un compositeur et pianiste virtuose. Il est né le 1er mars 1810 à ?elazowa Wola (Duché de Varsovie), actuelle Pologne. Chopin meurt à Paris le 17 octobre 1849. Après sa formation, au Conservatoire de Varsovie, affilié à l'université de Varsovie, et un début de carrière en Pologne et à Vienne, il choisit d'émigrer en France où il trouve son inspiration dans l'effervescence du monde pianistique parisien et dans le souvenir de sa patrie meurtrie. Il y rencontre George Sand, qui sera sa compagne pendant neuf ans. Reconnu comme l'un des plus grands compositeurs de musique de la période romantique, Frédéric Chopin est aussi l'un des plus célèbres pianistes du xixe siècle. Sa musique est encore aujourd'hui l'une des plus jouées et demeure un passage indispensable à la compréhension du répertoire pianistique universel. Avec Franz Liszt, il est le père de la technique moderne de son instrument et son influence est à l'origine de toute une lignée de compositeurs tels Gabriel Fauré, Maurice Ravel, Claude Debussy, Sergueï Rachmaninov, Alexandre Scriabine.



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